Cette fiche de lecture est tirée de l'ouvrage de Joël de Rosnay intitulé : Le microscope, Vers une vision globale.
[Rosnay (de), J., Le macroscope, Vers une vision globale, Seuil, Paris, 1975].
[Rosnay (de), J., Le macroscope, Vers une vision globale, Seuil, Paris, 1975].
Qu'y a-t-il de commun entre l'économie, l'écologie, l'entreprise, la ville, l'organisme, la cellule, ...? Rien, si on se contente de les examiner avec l'instrument habituel de la connaissance, c'est-à-dire l'approche analytique. Mais beaucoup en revanche, si l'on dépasse cette démarche classique pour faire ressortir les grandes règles d'organisation et de régulation de tous ces "systèmes". Pour J. de Rosnay, l'instrument symbolique de cette manière (relativement récente) de voir, de comprendre et d'agir est [Le macroscope], qui devrait être aussi précieux aujourd'hui aux grands responsables de la politique, de la science, de l'industrie, et à chacun de nous, que le microscope et le télescope pour la connaissance scientifique de l'univers. Par-delà le vocabulaire, les analogies et les métaphores, il semble donc qu'il existe une approche commune permettant de mieux décrire la complexité. Cette approche existe en effet, Elle est née (il y a un demi siècle environ) de la fécondation de plusieurs disciplines dont la biologie, la théorie de l'information, la cybernétique et la théorie des systèmes. Ce n'est pas une idée neuve; ce qui est neuf, c'est l'intégration des disciplines qui se réalise autour d'elle. Cette approche transdisciplinaire, dite également globale, s'appelle l'approche systémique, symbolisée par le concept de macroscope...
Il ne faut pas la considérer comme une "science", une "théorie" ou une "discipline", mais comme une nouvelle démarche, permettant de rassembler et d'organiser les connaissances en vue d'une plus grande efficacité de l'action. Contrairement à l'approche analytique, l'approche systémique englobe la totalité des éléments du système étudié, ainsi que leurs interactions et leurs interdépendances. Elle s'appuie sur la notion du "système". Cette notion, souvent vague et ambiguë? est pourtant utilisée aujourd'hui dans un nombre croissant de disciplines en raison de son pouvoir d'unification et d'intégration.
D'après la définition la plus courante, "un système est un ensemble d'éléments en interaction". Une cellule, un organisme, une ville sont donc des systèmes. Mais aussi une locomotive, une calculatrice, une machine à coudre! On voit qu'une telle définition est trop générale. Aucune définition du mot système ne peut d'ailleurs être satisfaisante. Seule la notion de système est féconde. A condition, évidemment, d'en mesurer la portée et les limites.
Ses limites sont bien connues. Trop commode, la notion de système est souvent employée à tort et à travers dans les domaines les plus divers: éducation, politique, gestion, informatique... Pour de nombreux spécialistes, elle n'est qu'une notion vide; à force de vouloir tout dire, elle n'évoque finalement plus rien.
Mais sa portée ne tient pas à la précision des définitions. La notion de système ne s'y laisse pas facilement enfermer. Elle ne se révèle et ne s'enrichit que sous l'éclairage indirect des multiples faisceaux de l'expression analogique, modélisante et métaphorique. La notion de système est le carrefour des métaphores. Les concepts y circulent, venant de toutes les disciplines.
Il ne s'agit plus de réduire un système à un autre, considéré comme mieux connu, ni de transposer ce que l'on sait d'un niveau de complexité inférieur à un autre niveau. Il s'agit de dégager des invariants, c'est-à-dire des principes généraux, structuraux et fonctionnels, pouvant s'appliquer aussi bien à un système qu'à un autre. Grâce à ces principes, il devient possible d'organiser les connaissances en modèles plus facilement communicables. Puis d'utiliser certains de ces modèles dans la réflexion et dans l'action. La notion du système apparaît ainsi sous ses deux aspects complémentaires: permettre l'organisation des connaissances et rendre l'action plus efficace.
En terminant cet aperçu à l'approche systémique, il est essentiel de la situer par rapport à d'autres approches avec lesquelles elle est souvent confondue:
- L'approche cybernétique (N.Wiener, 1948): Elle a pour but principal l'étude des régulations vivants et les machines. L'approche systémique, quant à elle, dépasse et englobe l'approche cybernétique [Wiene, N., Cybernetics, Hermann, Paris, 1948].
- Elle se distingue de la Théorie générale des systèmes (L.Bertalanffy, 1954), dont le but ultime consiste à décrire et à englober, dans un formalisme mathématique, l'ensemble des systèmes rencontrés dans la nature [Bertalaffy, L. von, General System Theory, Braziller, New York, 1968].
- Elle s'écarte également de l'analyse de système. Cette méthode ne représente qu'un des outils de l'approche systémique. Prise isolement, elle conduit à la réduction d'un système en ses composants et en interactions élémentaires.
- L'approche systémique n'a rien à voir avec une approche systématique, qui consiste à aborder un problème ou à effectuer une série d'actions de manières séquentielle (une chose après l'autre), détaillée, ne laissant rien au hasard et n'oubliant aucun élément.
Finalement on opte pour la définition la plus complète de la notion de "système" : C'est un ensemble d'éléments en interaction dynamique, organisées en fonction d'un but. [J.Rosnay, op. cit. page 101].
ahfir.lemicrocosme
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